Pour introduire ces histoires de pins, permettez-moi une citation du frère Marie-Victorin : « Répandus dans les pays de vieille civilisation, fournissant l’un des meilleurs bois-d’oeuvre des pays tempérés, les Pins ont été tellement liés à la vie intime des peuples qu’ils ont leur place marquée dans l’histoire, les lettres, le folklore, l’héraldique, la symbolique et la langue populaire. Le nom générique est classique, et d’origine celtique. »1
Un peu de classification
Avant d’entrer dans le vif du sujet, voici un peu de classification du règne végétal. Essayons de garder les choses simples. Le règne végétal se divise en deux grands groupes : les plantes sans fleurs ni graines ou cryptogames, et les plantes à fleurs et graines ou spermatophytes. Ces deux grandes divisions se subdivisent par la suite en groupes successifs de deux. Pour rester simple, dirigeons nous directement vers la division où sont classés les pins, celle des spermatophytes. Celle-ci se divise donc en deux sous-divisions, caractérisées par les ovules des plantes.
Si les ovules sont nus, nous voici dans la sous-division des gymnospermes. Si par contre ils sont enfermés dans un fruit, nous voilà dans la sous-division des angiospermes. Le pin est une plante à fleurs et graines et à ovules nus, c’est donc un gymnosperme, mieux connu sous le nom de conifère. Il y a environ 700 espèces de gymnospermes dans le monde, dont une quinzaine indigènes au Québec. Pour conclure, soulignons que le pin fait partie de la famille des pinacées (Pinus).
Pins indigènes au Québec
Jusqu’au milieu des années cinquante, on croyait qu’il n’existait que trois espèces de pins indigènes au Québec. Il s’agissait du pin blanc (Pinus strobus), du pin rouge (Pinus resinosa) et du pin gris (Pinus banksiana). Mais voilà qu’un beau jour de 1954, le sens de l’observation d’un enfant permis la découverte d’une quatrième espèce, le pin rigide (Pinus rigida). Je vous invite à découvrir ces espèces, certaines de leurs particularités et un peu de leur histoire.




Leur identification
Il n’est pas toujours facile d’identifier les différentes espèces d’arbres. La variabilité des individus au sein d’une même espèce fait souvent en sorte que certains critères d’identification peuvent porter à confusion. Des critères comme la longueur des feuilles, la couleur de l’écorce, la hauteur de l’arbre peuvent varier en fonction des conditions environnantes, comme par exemple la compétition pour la lumière, un sol sec ou humide, la présence d’éléments nutritifs dans le sol, etc.
Pour ce qui est des pins, comme nous n’en avons que quatre espèces, leur identification est facile. Un critère permet de les identifier rapidement et hors de tout doute: leurs aiguilles. Les aiguilles du pin blanc sont groupées par faisceaux de cinq, d’une longueur variant entre 5 et 15 centimètres. Chez le pin rouge, le faisceau est composé de deux longues aiguilles. Chez le pin gris le faisceau comporte aussi deux aiguilles, mais elles sont courtes, mesurant de deux à quatre centimètres seulement. Enfin chez le pin rigide, le faisceau supporte trois aiguilles.

Les cônes
On peut aussi différencier nos quatre espèces de pins par leurs cônes. Ce critère est toutefois moins évident que celui des aiguilles. Le cône du pin blanc se distingue des autres par sa longueur supérieure et son aspect élancé. Les cônes du pin rouge et du pin rigide peuvent parfois se ressembler, mais chaque écaille du cône de pin rigide se termine par une petite pointe piquante. Enfin le pin gris, dans son environnement naturel, se présente généralement avec les écailles de ses cônes fermées. Ils sont aussi les plus petits. À la marge sud de leur aire de distribution, les pins gris peuvent présenter des cônes ouverts, ce point sera abordé en détail un peu plus loin.

Le pin blanc
À tout seigneur tout honneur, commençons par le majestueux pin blanc. Selon la Flore laurentienne2, il atteint en moyenne 30 à 35 mètres et pourrait même atteindre parfois des dimensions extraordinaires de l’ordre de 90 mètres de hauteur et 250 centimètres de diamètre. Je n’ai malheureusement pas encore eu l’opportunité d’en observer de cette taille. Parlant d’opportunité, je ne rate jamais celle de m’avancer sous le houppier de cet arbre, de m’appuyer sur son fût et de humer son odeur résineuse.

Notre histoire en est bâtie
Le moins qu’on puisse dire du pin blanc, c’est que notre histoire en est bâtie. Beaucoup de livres, essais et articles soulignent l’importance de cet arbre dans la vie de nos ancêtres. En faire ici la synthèse résulterait sûrement en une volumineuse thèse. Je me contenterai d’évoquer quelques faits saillants avec lesquels nous sommes plus familiers. Avant de s’y aventurer, je ne saurais passer sous silence un ouvrage très intéressant intitulé Québec, ville de bois3, qui relate l’histoire de cette ville dans un contexte d’exploitation forestière et de commerce du bois.
Pour en revenir au pin, il a occupé une place prépondérante dans la vie économique du Bas-Canada. Déjà au XVIIe siècle, la France avait émis des ordonnances au Canada pour protéger certaines espèces essentielles à la construction navale. Les britanniques en avaient fait tout autant, par ordonnance royale, dans leurs colonies plus au sud. Après la conquête de la Nouvelle-France, ces ordonnances s’étendirent vers le nord, particulièrement au début du 19ième siècle. Le pin blanc était particulièrement prisé pour la fabrication des mâts des grands navires. En 1775, le 3 janvier plus précisément, suivant l’adoption de l’Acte de Québec en 1774, le roi Georges III émet une lettre d’instructions au gouverneur Carleton4. L’article 39 de cette lettre se traduit ainsi:
« Cependant suivant notre volonté et notre bon plaisir il ne sera fait aucune concession de terrains où se trouve à proximité des cours d’eau et en quantité considérable, du pin blanc que l’on pourra utiliser pour la mâture des vaisseaux de notre marine royale. Vous mettrez au contraire, tous ces terrains à notre entière disposition ; des règlements seront passés et des pénalités imposées pour prévenir tout empiètement sur ces lots et pour empêcher la coupe et la destruction des arbres qui y croissent.«

Cette royale préoccupation visant une essence en particulier, c’est-à-dire le pin blanc, démontre bien l’importance de ce dernier. Ce souverain était-il devin? Toujours est-il que 28 ans plus tard, c’est la reprise de la guerre entre la France et la Grande-Bretagne qui entraînera une forte convoitise pour le pin blanc canadien. Le blocus naval mis en place par Napoléon vers 1806 forcera les britanniques à se tourner vers leur colonie canadienne pour s’approvisionner en bois. Ce sera le début d’une exploitation forestière intense qui s’intensifiera à mesure qu’on avance dans le 19ième siècle.
Ainsi, selon un rapport publié en 1856 et intitulé Le Canada et l’exposition universelle de 18555, on mentionne que pour l’année 1853 seulement, 17 422 724 pieds cubes de pin blanc et jaune, nom alors donné au pin blanc, ont été mesurés et collés dans le port de Québec. C’est l’époque des grands chantiers forestiers et des billes de bois équarri, attachées en vastes radeaux6, qui descendent l’Outaouais et le fleuve Saint-Laurent7 vers Québec et Lévis pour être entreposées dans la moindre anse en attendant d’être mesurées et chargées sur les navires. Ce commerce en pleine effervescence favorisa la construction de moulins-à-scie, la construction navale locale et l’éclosion de nombreux commerces autour des ports de Québec et Lévis.
Histoire personnelle
Le pin blanc me rappelle une histoire personnelle, un moment euphorique que j’ai vécu lors d’une excursion en kayak. Je pagayais depuis une bonne heure sur le lac Talon, au coeur du parc des Appalaches et j’étais à la recherche d’une héronnière ayant déjà existé à cet endroit. Mon attention fut soudain attirée par une petite tache blanche et jaune dans un gros pin loin devant moi. Je sortis mon appareil photo muni d’un télé-objectif et je photographiai la tache. Je me sentais excité par ce que j’espérais découvrir en grossissant l’image sur l’écran arrière de ma caméra. Hé oui! C’était ce que j’espérais: la tête d’un pygargue à tête blanche.
Je pagayais pour m’approcher quand soudain un deuxième pygargue apparut, perdant de l’altitude et se dirigeant vers le nid. J’eu tout juste le temps de viser et déclencher pour le photographier avant qu’il se pose sur le pin. Je venais de découvrir un nid! Après l’avoir signalé aux autorités puisque c’était une espèce menacée, j’ai appris que c’était le seul nid actif recensé ce printemps-là dans toute la région de Chaudière-Appalaches.


Le pin rouge
Moins recherché que le pin blanc, le pin rouge était tout même exploité commercialement. Ainsi, pour l’année 1853, il s’en en est mesuré et chargé 1 851 435 pieds cubes au port de Québec. C’était dix fois moins que la quantité de pin blanc expédiée vers l’Angleterre, ce qui le plaçait tout de même en deuxième place pour les volumes de bois coupés et chargés, devant le chêne avec 1 160 614 pieds cubes. À titre de comparaison, 1 851 435 pieds cubes représentent environ 52 427 mètres cubes. Le pin rouge était aussi utilisé pour fabriquer des mâts de navire. Ainsi en 1775, Duhamel du Monceau,8 un savant français ayant analysé les bois servant à la construction navale à Québec entre 1739 et 1759, mentionne que la mâture du vaisseau du roi, Le Saint-Laurent, avait été faite de pin rouge. Sa taille légèrement inférieure à celle du pin blanc explique probablement la plus grande popularité de ce dernier.
Fait intéressant, le pin rouge était utilisé pour la production de goudron. Ce goudron était utilisé lors du calfeutrage des navires pour assurer leur étanchéité. Déjà, avant l’arrivée des européens, certaines nations autochtones fabriquaient un mastic appelé pikieu9, à partir de la résine de pin rouge bouillie dans l’eau. Cette résine étant trop collante, on y ajoutait du charbon de bois ou de la cendre pour lui donner du corps, et de l’huile ou de la graisse animale pour rendre le tout malléable.
Les français pour leur part importèrent le savoir faire suédois en matière de goudronnerie. C’est ainsi qu’en 1670, l’intendant Jean Talon se rendit avec un expert, formé par les maîtres charbonniers suédois, pour établir à Baie-Saint-Paul la goudronnerie royale. Le choix de cet endroit repose sur l’importante forêt de pins rouges qui occupait la vallée de la rivière du Gouffre à cette époque et bien entendu sur le fait que c’est avec ce même pin rouge qu’on pouvait extraire le goudron végétal tant recherché. Quelques fours seront établis dans cette région. Les vestiges d’un de ces fours existent toujours à Baie-Saint-Paul10.
Depuis le début du siècle dernier et jusqu’à présent, le pin rouge est une espèce populaire pour procéder à des plantations. Selon le service canadien des forêts11 les plantations sont très répandues dans le nord-est des États-Unis et le sud-est du Canada. Sa croissance est rapide, c’est un bois de bonne qualité utilisé notamment pour les poteaux de lignes de transmission. L’espèce est aussi reconnue pour restaurer efficacement les sites dégradés par des décennies d’activités agricoles.




Le pin gris
Le pin gris est l’espèce la plus répandue des pins indigènes du Québec. C’est un arbre typique de la forêt boréale, ce qui explique sa présence plus sporadique au sud du fleuve Saint-Laurent où la forêt est davantage mixte et tempérée. Nous avons abordé les deux espèces de pins précédentes, le blanc et le rouge, sous l’angle du rôle important qu’elles ont joué dans l’histoire de Nouvelle-France puis du Bas-Canada. L’histoire à propos du pin gris sera, pour sa part, davantage axée sur un aspect biologique fort intéressant de cette espèce.
Les feux de forêt
Les cônes du pin gris sont enduits de résine durcie qui les empêche de s’ouvrir. Les graines arrivées à maturité sont donc captives dans les cônes pour plusieurs années tout en demeurant viables. Seule la chaleur dégagée par les feux de forêt permet l’ouverture de ces cônes. On appelle ce phénomène le sérotinisme. Selon Pelletier 202212, un degré élevé de sérotinisme fournit au pin gris un potentiel accru de régénération dans les conditions optimales qui suivent un feu de forêt. Le processus est le suivant: la chaleur dégagée par le feu altère la couche de cire, ce qui permet aux cônes de s’ouvrir. Les graines désormais libres s’établissent dans la forêt dénudée par le feu. Le pin gris est une espèce intolérante à l’ombre, il profite donc de cette nouvelle abondance de lumière pour s’établir. En milieu boréal, le pin gris a besoin de ces feux pour assurer la dynamique de ses populations. Les peuplements qu’on y observe sont de structure équienne, c’est-à-dire qu’ils sont composés d’individus du même âge. C’est normal puisqu’ils ont tous commencé à croître en même temps suite à un feu.

Pendant ce temps au sud
Nous l’avons vu précédemment, la présence du pin gris est marginale au sud du Saint-Laurent. Il en existe toutefois quelques populations dans le Bas-Saint-Laurent. Cette région est rarement touchée par les feux naturels. Comment des populations peuvent donc s’y développer et s’y maintenir? S’agirait-il d’un exemple d’adaptation de l’espèce aux conditions environnementales? La question était assez intéressante pour que l’équipe de la Chaire de recherche du Canada en biologie intégrative de la flore nordique, de l’université du Québec à Rimouski (UQAR)13 y consacre une partie de ses travaux.
Jusqu’à présent, les résultats des recherches témoignent d’une adaptation locale de l’espèce s’exprimant principalement par un plus faible degré de sérotonisme, qui permet aux cônes de s’ouvrir à maturité sans avoir nécessairement recours à un feu de forêt. En fait lorsqu’on se promène dans ces populations qui subsistent dans la marge sud de leur aire de distribution, on peut observer deux choses rarement présentes dans les populations plus nordiques de pins gris. La première c’est la présence d’individus de plusieurs classes d’âges, donc un peuplement de structure inéquienne. Le deuxième fait observable est la présence sur un même arbre de cônes ouverts et non ouverts.
Par cette évolution, le pin gris du sud se dote de deux stratégies reproductives, au lieu d’une seule pour son congénère plus nordique. Une partie des graines produites par un même arbre est donc libérée arrivée à maturité et l’autre partie est gardée en réserve dans les cônes de la canopée, attendant un éventuel feu. Les différents travaux menés par l’équipe de l’UQAR devraient permettre de bientôt faire la lumière sur la dynamique récente des pins gris de la région de Kamouraska, de mieux comprendre les processus de variabilité du sérotinisme et enfin mieux connaître la structure et la diversité génétique des populations.



Les cabourons
Un bel endroit pour observer un de ces peuplements de pin gris est le sentier du Cabouron14 à Saint-Germain-de-Kamouraska. En plus de permettre l’observation de cette forêt exceptionnelle, la vue à partir du sommet sur la région de Kamouraska et sur le fleuve Saint-Laurent vaut à elle seule le déplacement. Le mot cabouron dériverait de l’expression «cap à bout rond» et aurait été autrefois utilisé localement dans la région de Kamouraska pour désigner les collines ou caps rocheux isolés. Ces cabourons sont caractéristiques du paysage de la région du Bas-Saint-Laurent. Malheureusement il semble que ceux-ci soient convoités par le développement immobilier et le milieu minier. À l’été 2024 une pétition a d’ailleurs été mise en ligne par la Société des Cabourons pour sensibiliser les élus à la nécessité de sauver ces milieux si particuliers. On ne peut que souhaiter que cette démarche porte fruits.





Le pin rigide
Le moins connu de nos pins est assurément le pin rigide. La première fois que j’en ai entendu parler, c’était dans le livre Promenades et tombeaux de Jean O’Neil. Il y était question d’une promenade, qu’avait fait l’auteur, en haut de Châteauguay jusqu’à une réserve portant le nom de Réserve du Pin-Rigide. Plus tard à l’université, lors d’un cours de taxonomie végétale, surpris d’entendre qu’il n’y avait que trois espèces de pins au Québec, j’avais innocemment posé une question sur le pin rigide, pour découvrir qu’il n’était pas connu de la personne nous enseignant. Mystère!
Revenons toutefois en arrière, dans les années 1950, ou plus précisément le 4 septembre 195415. Ce jour-là, le botaniste Ernest Rouleau, accompagné de son fils et du botaniste Lionel Cinq-Mars, se promènent dans la région de Saint-Chrysostome pour y faire de l’herborisation. Ernest explique à son fils comment différencier les trois sortes de pins par leurs aiguilles. Quelques minutes plus tard, son fils s’exclame «Ça marche pas ton truc Papa». Il montre à son père une branche de pin dont les aiguilles sont regroupées par faisceaux de trois. Après examen des aiguilles et des cônes piquants qui le caractérisent, les deux botanistes en concluent qu’il s’agit du pin rigide. On venait de découvrir la présence d’une espèce considérée jusque-là comme absente au Québec.



En décembre 1977, soit 23 ans plus tard, la pinède où avait eu lieu cette découverte sera déclarée réserve écologique par le gouvernement du Québec, sous le nom de Réserve écologique du Pin-Rigide16. D’une superficie de 66 hectares, cette pinède compterait environ 3500 arbres. Deux autres occurrences sont connues au Québec mais elles sont de petite taille. Celle de Venise-en-Québec est en déclin alors que celle d’Ormstown serait en expansion.


Dans un rapport de situation datant de 200617 on estimait ainsi l’état des trois occurrences au Québec. Celle de Saint-Antoine-Abbé était estimée entre 3000 et 4000 individus et sa régénération était bonne. Il y a la moitié environ de cette occurrence qui est protégée par la réserve écologique, le reste étant en forêts privées. L’occurence de Venise-en-Québec ne compte que 15 individus alors que ce nombre était de 25 en 1978. Enfin, l’occurence de Ormstown ne compte que huit individus.
La pinède de Saint-Antoine-Abbé constitue l’endroit le plus septentrional où se trouve l’espèce. Aux États-Unis le pin rigide est abondant et même utilisé commercialement. Au Canada, il apparaît sur la liste des espèces rares et est considéré menacé en raison de sa rareté. Au Québec, il est désigné espèce menacée en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.
Plus que des pins
Ces quatre espèces ce sont plus que des pins. Ce sont des histoires, des objets, des œuvres, des odeurs qui font partie de nous, de nos vies et de notre histoire. D’un long fût fièrement dressé dans la forêt, le pin blanc devint, tout aussi fièrement, mât d’un navire, qu’il fût royal ou colonial. Il faut se rappeler tous ces bûcherons, draveurs, mesureurs, scieurs, marchands et marins que lui et son cousin, le pin rouge, ont nourri par leur seule présence.
Que dire de tous ces produits qu’ils devinrent, savamment travaillés par des mains habiles: goudron, dormants de chemin de fer, charpentes, maisons, meubles, lambris, murs et sculptures. Toutes aussi intéressantes sont nos deux autres espèces, le pin gris et le pin rigide, qui croissent, l’une à la limite nord de son habitat et l’autre à la limite sud. Leur seule présence à ces endroits constitue un exploit en soi et un merveilleux champ d’étude sur la résilience et l’adaptation des arbres.
La prochaine fois que vous croiserez un pin en forêt, arrêtez-vous. Prenez le temps de l’observer, admirez sa splendeur, comptez ses aiguilles, cherchez ses cônes et amusez-vous à l’identifier. Fermez les yeux et concentrez-vous sur son odeur de résine. Après quelques minutes de ce manège, vous réaliserez soudain que vous êtes plus détendu, plus serein, vous aurez oublié pendant un instant de penser à vos soucis. Ce sont les bienfaits de la promenade en forêt.
- Marie-Victorin, Frère. 1964 Flore Laurentienne, 2eédition revue par E. Rouleau. Les Presses de l’université de Montréal, Montréal. (page 140) ↩︎
- Marie-Victorin, Frère. 1964 Flore Laurentienne, 2eédition revue par E. Rouleau. Les Presses de l’université de Montréal, Montréal.( pages 140-141) ↩︎
- Lessard, G.1.1, E. Boulfroy1.2, P. Blanchet1.3 et D. Poulin, 2008. Québec, ville de bois. Centre collégial de transfert de technologie en foresterie de Sainte-Foy (CERFO) et Société d’histoire forestière du Québec (SHFQ). Québec, 77 p. En ligne: https://cerfo.qc.ca/wp-content/uploads/2019/09/Quebec_Ville_de_bois_400eQuebec.pdf (consulté le 8 octobre 2024) ↩︎
- En ligne: https://www.solon.org/Constitutions/Canada/French/Pré-Confédération/instr_1775-f.html (consulté le 8 octobre 2024) ↩︎
- Taché, Joseph-Charles, et collaborateurs, Le Canada et l’Exposition universelle de 1855. Imprimé par ordre de l’Assemblée législative, Toronto, 1856. Cité dans : Asselin, Alain, Jacques Cayouette et Jacques Mathieu, Curieuses histoires de plantes du Canada 1760 – 1867, tome 3, Québec, Septentrion, 2017. (pages 200-205) ↩︎
- En ligne: https://histoireurbaine.wordpress.com/wp-content/uploads/2014/05/anses-c3a0-bois-en-bas-de-la-pointe-c3a0-puiseaux-quc3a9bec-qc-1872-william-notman-i-76306-musc3a9e-mccord.jpg (consulté le 8 octobre 2024) ↩︎
- En ligne: https://piecesurpiece.com/faq-general/807-114-les-barons-du-bois-au-19eme-siecles-les-cageux-raftsman-cages-de-bois-sur-rivieres-des-outaouais-et-fleuve-st-laurent (consulté le 8 octobre 2024) ↩︎
- Asselin, Alain, Jacques Cayouette et Jacques Mathieu, Curieuses histoires de plantes du Canada 1670 – 1760, tome 2, Québec, Septentrion, 2015. (page 226) ↩︎
- Asselin, Alain, Jacques Cayouette et Jacques Mathieu, Curieuses histoires de plantes du Canada 1670 – 1760, tome 2, Québec, Septentrion, 2015. (pages 281-282) ↩︎
- En ligne: https://depot.erudit.org/dspace/bitstream/006126dd/1/les-goudronneries.pdf (consulté le 8 octobre 2024) ↩︎
- En ligne: https://publications.gc.ca/collections/collection_2022/rncan-nrcan/Fo147-1-21-2021-fra.pdf (consulté le 9 oct. 2024) ↩︎
- Pelletier, E. 2022. La variabilité phénotypique du sérotinisme et son rôle sur la persistance du pin gris à la limite sud de son aire de répartition. [Mémoire présenté dans le cadre du programme de maîtrise en gestion de la faune et de ses habitats en vue de l’obtention du grade de maître ès sciences, Université du Québec à Rimouski]. En ligne: https://semaphore.uqar.ca/id/eprint/2115/1/Emmanuelle_Pelletier_juin2022.pdf (consulté le 8 octobre 2024) ↩︎
- En ligne: https://www.uqar.ca/recherche/unites-de-recherche/chaire-de-recherche-du-canada-en-biologie-integrative-de-la-flore-nordique/ (consulté le 8 octobre 2024) ↩︎
- En ligne: https://leplacoteux.com/les-cabourons-du-kamouraska-des-tresors-naturels-a-proteger/ (consulté le 8 octobre 2024) ↩︎
- Asselin, Alain et Jacques Cayouette, Curieuses histoires de plantes du Canada 1935 – 1965, tome 5, Québec, Septentrion, 2023. (pages 213-214) ↩︎
- En ligne: https://www.arboquebecium.com/fr/arbres-du-quebec/ecosystemes-exceptionnels/la-reserve-ecologique-du-pin-rigide/ (consulté le 9 octobre 2024) ↩︎
- Dignard, N., 2006. La situation du pin rigide (Pinus rigida Miller) au Québec. Herbier du Québec, Direction de la recherche forestière, ministère des Ressources naturelles et de la Faune, rapport préparé pour le Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec, ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs. 25 p. En ligne: https://mffp.gouv.qc.ca/documents/forets/connaissances/recherche/Rap-Situation-pin-rigide.pdf (consulté le 8 octobre 2024) ↩︎
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Je revois ce matin le grand pin marquant l’entrée du bocage de notre enfance.
De quelle espèce était-il?
J’ai encore la boîte de grosses cocottes ramassées en souvenir de ce terrain de jeu naturel.
Et j’aime toujours autant l’odeur du pin…
Bon automne
Christiane
Allô Christiane! C’était un pin blanc. En fait c’est un pin blanc car je crois qu’il existe encore. Merci beaucoup pour ton commentaire et bon automne à toi aussi. Les couleurs sont magnifiques dans les bois présentement. 🌞😘
Dans les années 70, mon conjoint a fait l’acquisition d’une terre en Estrie et y a planté une pinède de pins blancs et une pinède de pins rouges, de dimensions importantes. Depuis ces 25 dernières années je m’y suis promenée très souvent sans avoir la curiosité de me renseigner davantage sur ces individus.
Ton article m’a donné une foule d’informations et je t’en remercie.
Tout le plaisir est pour moi Tessa. Ces pinèdes doivent être devenues magnifiques. Je te remercie d’avoir pris le temps de me lire et de commenter, c’est très apprécié. Bonne journée et au plaisir. 🌞👋🏻
Très intéressant Yves….en lisant tout cela il me monte du coeur l’odeur de mon refuge d’enfance: le bocage. Merci. xx
Oui, le fameux bocage. C’est d’ailleurs du gros pin blanc qui s’y trouvait, que j’ai toujours eu un petit faible pour les pins. C’est le pin dont parle Christiane dans son commentaire, il dominait les autres et le sentier frôlait son tronc. Merci pour ton commentaire c’est toujours bien apprécié. Bon dimanche Marie-France 🌞😘