L’été file à grande vitesse… juin, juillet et août sont déjà derrière nous. Deux mois et demi, c’est beaucoup sur la durée de vie d’une saison qui n’en dure que trois! Raison de plus pour en célébrer chaque instant et profiter de ses beautés. Parmi celles-ci, pourquoi ne pas prêter attention à celle qui habille et colore notre estivale saison: j’ai nommé la fleur. Je devrais plutôt dire les fleurs, puisqu’elles abondent où que se pose notre regard. Cette abondance on la prend souvent pour acquise, on la regarde sans la voir, du coin de l’oeil, au gré des paysages qui défilent. Nous sommes si occupés à planifier et vivre nos vacances, nos sorties, et nos voyages sans prendre le temps de regarder, que je dirais des fleurs d’été qu’elles sont des fleurs négligées!

Les fleurs printanières
Au printemps il en est autrement. Après plusieurs mois de paysages dominés par le blanc et le gris, parfois agrémentés du bleu d’un coin de ciel ou du vert d’un conifère, l’arrivée des premières fleurs printanières nous émeut toujours un peu. Les premières taches jaunes du tussilage, ou le rouge luisant du chou puant ne passent pas inaperçus. C’est le retour de la couleur.


(Trillium erectum)

La saison des couleurs
Sous notre latitude, lorsqu’on évoque la saison des couleurs, on pense immédiatement à l’automne. C’est vrai que lorsque se colorent nos forêts le spectacle est saisissant. Il faut dire aussi que cette saison on nous la vend à grands renforts de publicité touristique. Si on se déplace et qu’on paye pour aller les voir, c’est comme si les couleurs en valaient davantage la peine. Ces couleurs se limitent pourtant aux jaunes, orangés, rouges et rouilles, parsemés d’un peu de vert.

Et pourtant…
Et pourtant, des couleurs, l’été en présente davantage. Les fleurs qui les portent foisonnent un peu partout. Toutes ces fleurs qui de loin apparaissent sous forme de taches multicolores, elles se précisent à mesure qu’on s’en approche et se révèlent, rendu à proximité. Que révèlent-elles? En y regardant de près, de très près si possible, vous verrez apparaître des formes, motifs et structures souvent insoupçonnés. Des exemples? L’épiaire des marais (Stachys palustris)! Ses fleurs verticillées, vues de près, rivalisent de beauté avec celles d’une de nos orchidées, la platanthère papillon (Platanthera psychodes). On pourrait en dire tout autant de la brunelle commune, aussi appelée prunelle vulgaire (Prunella vulgaris). Ne vous fiez pas à son nom et approchez vous. Délaissez la vue d’ensemble de l’épi et admirez chacune des fleurs qui le composent. Ne sont-elles pas jolies?







Partout
Elles sont partout ces fleurs d’été. Aux champs, en forêt, sur un lac ou un marais, en montagne ou même sur une lande aride de Minganie. Pour autant que vous preniez le temps de regarder, elles sont toujours bien nombreuses à vous tenir compagnie.

Les fossés et les champs
Les fossés de route deviennent des bouquets rivalisant sans complexes avec ceux des plus talentueux fleuristes. Vous en verrez sous les clôtures et en bordure des champs. Les terrains vagues deviennent de vastes parterres fleuris, véritables oasis de biodiversité pour les oiseaux, les insectes et les micromammifères.


Sur l’eau ou la rive
J’aime glisser lentement sur l’eau, en kayak ou en canot. Les milieux humides et les cours d’eau regorgent de fleurs variées. C’est une chance d’être à leur niveau et parfois même sous elles. Il y en a qui flottent, servant d’îles aux insectes et à l’herpétofaune, voire même parfois à certains micromammifères. Certaines plantes sont immergées et il n’y a que leurs fleurs qui émergent. D’autres ont le pied dans l’eau mais la tête à l’air (ne pas confondre avec tête en l’air). Enfin il y a toutes celles qui poussent sur le talus humide de la rive, surplombant la surface de l’étang, du marais, du lac ou de la rivière.



La zone intertidale
Les fleurs qui croissent dans la zone intertidale du fleuve Saint-Laurent me fascinent. Elles dansent légèrement ou follement au gré du vent lorsque la marée est basse. La voici montante, l’eau atteint le pied des tiges, elle s’élève peu à peu, engloutissant graduellement les feuilles. Si la marée est de bonne amplitude, voici maintenant qu’y disparaissent les fleurs. Elles peuvent rester ainsi immergées, de quelques minutes à quelques heures, poursuivant sous l’eau leur danse, devenue hydraulique. Après l’étal de marée haute, c’est le jusant et l’eau redescend. Les fleurs réapparaissent et en peu de temps elles reprennent leur danse éolienne, sans qu’il paraisse qu’elles soient demeurées si longtemps immergées. Des forces de la nature! Observons l’hélénie automnale qui, malgré son nom, s’épanouit surtout en été.






L’été n’est pas terminé
En ce début de septembre j’ai constaté, en marchant le soir dans mon quartier, que pour la plupart de mes concitoyens l’été est déjà terminé. Balcons et rues sont désertés dès l’heure du souper passée. Je suis seul dans la rue et je n’entends plus le crépitement des bûches dans les foyers de cour, pas plus que les discussions des voisins et encore moins les rires et les cris des enfants.
L’été n’est pas terminé, l’équinoxe d’automne n’est que dans quelques jours. Les fleurs le savent et pour plusieurs d’entre elles, la saison se poursuivra pendant tout septembre. Il est encore temps d’en profiter. Profitez de vos balades pour jeter un coup d’oeil. Voyez ce champ encore couvert de verge d’or, ce talus enluminé par les rudbeckies, sans oublier tous les asters qui fleurissent un peu partout. De mon côté pour étirer l’été, permettez-moi de vous présenter en photos ce florilège de quelques uns de mes coups de coeur.






































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Superbes photos et l’identification grandement appréciée.
Merci beaucoup à vous Jeannine, votre commentaire est bien apprécié. Je vous souhaite un bel après-midi.
Superbes photos! L’’identification grandement appréciée.
Ça m’a demandé un peu de temps d’identifier correctement toutes ces espèces, ce n’est pas toujours évident à partir de photos. Désormais je vais faire les choses un peu plus à l’ancienne je crois, c’est-à-dire apporter un carnet de notes, une loupe et prendre le temps de noter les petits détails qui facilitent l’identification. Comme le faisait Marie-Victorin 😊 j’en suis à peu près certain. Il existe des applications sur les téléphones pour identifier les plantes mais j’ai pu constater qu’elles se trompent souvent. Encore une fois merci à vous et àa la prochaine.
Merci Yves pour ce texte. Tu as tellement raison. Merci de nous sortir de notre hébétude et de nous faire ouvrir les yeux pour regarder au bon endroit: la nature. Et que dire de ces magnifiques photos. Tellement merci frérot.
Merci à toi Marie-France pour ton commentaire, c’est toujours apprécié d’avoir des retours. Désolé du délai à te répondre, j’étais en Minganie la semaine dernière. À bientôt. 😘
Bonjour Yves,
Merci beaucoup pour ce superbe article sur les fleurs de chez nous et aussi pour les belles photos. Encore une fois j’ai appris beaucoup de chose.
Tout le plaisir est pour moi Catherine. Merci à toi pour la lecture et le commentaire, c’est toujours bien apprécié. À bientôt. 👋🏻