• Auteur/autrice de la publication :
  • Post category:Nature
  • Commentaires de la publication :8 commentaires
  • Temps de lecture :29 min de lecture

L’été file à grande vitesse… juin, juillet et août sont déjà derrière nous. Deux mois et demi, c’est beaucoup sur la durée de vie d’une saison qui n’en dure que trois! Raison de plus pour en célébrer chaque instant et profiter de ses beautés. Parmi celles-ci, pourquoi ne pas prêter attention à celle qui habille et colore notre estivale saison: j’ai nommé la fleur. Je devrais plutôt dire les fleurs, puisqu’elles abondent où que se pose notre regard. Cette abondance on la prend souvent pour acquise, on la regarde sans la voir, du coin de l’oeil, au gré des paysages qui défilent. Nous sommes si occupés à planifier et vivre nos vacances, nos sorties, et nos voyages sans prendre le temps de regarder, que je dirais des fleurs d’été qu’elles sont des fleurs négligées!

Paysage rural
Un paysage rural de Chaudières-Appalaches. Un champ, une vieille grange, des conifères, un vallon, un ciel meublé de quelques nuages et en avant-plan un fossé fleuri dominé par la verge d’or. Soyons honnête, sans ces fleurs il manquerait quelque chose à ce paysage, à tout le moins un peu de couleur. Pourtant ce sera, la plupart du temps, sur la grange et les champs que se portera l’attention des gens.

Les fleurs printanières

Au printemps il en est autrement. Après plusieurs mois de paysages dominés par le blanc et le gris, parfois agrémentés du bleu d’un coin de ciel ou du vert d’un conifère, l’arrivée des premières fleurs printanières nous émeut toujours un peu. Les premières taches jaunes du tussilage, ou le rouge luisant du chou puant ne passent pas inaperçus. C’est le retour de la couleur.

Chou puant
Le rouge luisant de l’étonnant chou puant (Symplocarpus foetidus)…
Trille dressé
…celui velouté du trille dressé
(Trillium erectum)
Tussilage pas-d'âne
Une constellation de petits soleils constituée de tussilages pas-d’âne (Tussilago farfara). C’est le printemps et chaque fleur qui apparaît ne nous laisse pas indifférents.

La saison des couleurs

Sous notre latitude, lorsqu’on évoque la saison des couleurs, on pense immédiatement à l’automne. C’est vrai que lorsque se colorent nos forêts le spectacle est saisissant. Il faut dire aussi que cette saison on nous la vend à grands renforts de publicité touristique. Si on se déplace et qu’on paye pour aller les voir, c’est comme si les couleurs en valaient davantage la peine. Ces couleurs se limitent pourtant aux jaunes, orangés, rouges et rouilles, parsemés d’un peu de vert.

Paysage d'automne
Oui il est vrai que l’automne est une saison bien colorée.

Et pourtant…

Et pourtant, des couleurs, l’été en présente davantage. Les fleurs qui les portent foisonnent un peu partout. Toutes ces fleurs qui de loin apparaissent sous forme de taches multicolores, elles se précisent à mesure qu’on s’en approche et se révèlent, rendu à proximité. Que révèlent-elles? En y regardant de près, de très près si possible, vous verrez apparaître des formes, motifs et structures souvent insoupçonnés. Des exemples? L’épiaire des marais (Stachys palustris)! Ses fleurs verticillées, vues de près, rivalisent de beauté avec celles d’une de nos orchidées, la platanthère papillon (Platanthera psychodes). On pourrait en dire tout autant de la brunelle commune, aussi appelée prunelle vulgaire (Prunella vulgaris). Ne vous fiez pas à son nom et approchez vous. Délaissez la vue d’ensemble de l’épi et admirez chacune des fleurs qui le composent. Ne sont-elles pas jolies?

floraison estivale
C’est l’été! Des fleurs de toutes formes et couleurs foisonnent un peu partout.
épierre des marais
L’épiaire des marais. De loin, sa couleur peut attirer le regard…
épierre des marais
C’est de près qu’on peut toutefois admirer ses formes et ses motifs.
brunelle commune
La brunelle commune, ou prunelle vulgaire, semble plutôt anodine vue de loin.
brunelle commune
De près c’est une toute autre histoire.
habénaire papillon
Une de nos orchidées: l’habénaire papillon. Mais oui, nous avons plusieurs espèces d’orchidées au Québec.
habénaire papillon
Vue de près, elle justifie bien son nom. Elle est très jolie mais ne surclasse en rien, selon moi, l’épiaire ou la brunelle.

Partout

Elles sont partout ces fleurs d’été. Aux champs, en forêt, sur un lac ou un marais, en montagne ou même sur une lande aride de Minganie. Pour autant que vous preniez le temps de regarder, elles sont toujours bien nombreuses à vous tenir compagnie. 

cap ferré, minganie, triades
Même sur la lande aride du Cap Ferré, en Minganie, on trouve des fleurs à profusion.

Les fossés et les champs

Les fossés de route deviennent des bouquets rivalisant sans complexes avec ceux des plus talentueux fleuristes. Vous en verrez sous les clôtures et en bordure des champs. Les terrains vagues deviennent de vastes parterres fleuris, véritables oasis de biodiversité pour les oiseaux, les insectes et les micromammifères.

paysage estival
Un fossé, une clôture…
paysage estival
… la bordure d’un champ, les fleurs sont partout.

Sur l’eau ou la rive

J’aime glisser lentement sur l’eau, en kayak ou en canot. Les milieux humides et les cours d’eau regorgent de fleurs variées. C’est une chance d’être à leur niveau et parfois même sous elles. Il y en a qui flottent, servant d’îles aux insectes et à l’herpétofaune, voire même parfois à certains micromammifères. Certaines plantes sont immergées et il n’y a que leurs fleurs qui émergent. D’autres ont le pied dans l’eau mais la tête à l’air (ne pas confondre avec tête en l’air). Enfin il y a toutes celles qui poussent sur le talus humide de la rive, surplombant la surface de l’étang, du marais, du lac ou de la rivière.

nymphe tubéreux
Glisser à fleur d’eau, au même niveau que le nymphéa tubéreux (Nymphea tuberosa).
lis du Canada
Lever les yeux et voir apparaître, en surplomb sur la rive, le lumineux lis du Canada (Lilium canadense L.).
brasénie de Schreber
Se pencher par-dessus bord et apercevoir la discrète brasénie de Schreber (Brasenia schreberi Gmel)

La zone intertidale

Les fleurs qui croissent dans la zone intertidale du fleuve Saint-Laurent me fascinent. Elles dansent légèrement ou follement au gré du vent lorsque la marée est basse. La voici montante, l’eau atteint le pied des tiges, elle s’élève peu à peu, engloutissant graduellement les feuilles. Si la marée est de bonne amplitude, voici maintenant qu’y disparaissent les fleurs. Elles peuvent rester ainsi immergées, de quelques minutes à quelques heures, poursuivant sous l’eau leur danse, devenue hydraulique. Après l’étal de marée haute, c’est le jusant et l’eau redescend. Les fleurs réapparaissent et en peu de temps elles reprennent leur danse éolienne, sans qu’il paraisse qu’elles soient demeurées si longtemps immergées. Des forces de la nature! Observons l’hélénie automnale qui, malgré son nom, s’épanouit surtout en été.

hélénie d'automne
De nombreuses fleurs, dont l’hélénie automnale, décorent la partie haute de la zone intertidale.
hélénie d'automne
Voici venir la marée, les hélénies ont désormais le pied dans l’eau.
hélénie d'automne
Elles se font souvent secouer sévèrement par les vagues.
hélénie d'automne
L’eau monte encore et voici que les fleurs s’y baignent.
hélénie d'automne
La marée poursuit sa montée et les voila immergées.
hélénie d'automne
Quelques heures plus tard la marée s’en est allée et les fleurs se sont remises à danser. La poussée hydraulique qui permettait auparavant cette danse a été remplacée par la poussée éolienne.

L’été n’est pas terminé

En ce début de septembre j’ai constaté, en marchant le soir dans mon quartier, que pour la plupart de mes concitoyens l’été est déjà terminé. Balcons et rues sont désertés dès l’heure du souper passée. Je suis seul dans la rue et je n’entends plus le crépitement des bûches dans les foyers de cour, pas plus que les discussions des voisins et encore moins les rires et les cris des enfants.

L’été n’est pas terminé, l’équinoxe d’automne n’est que dans quelques jours. Les fleurs le savent et pour plusieurs d’entre elles, la saison se poursuivra pendant tout septembre. Il est encore temps d’en profiter. Profitez de vos balades pour jeter un coup d’oeil. Voyez ce champ encore couvert de verge d’or, ce talus enluminé par les rudbeckies, sans oublier tous les asters qui fleurissent un peu partout. De mon côté pour étirer l’été, permettez-moi de vous présenter en photos ce florilège de quelques uns de mes coups de coeur.

Laiteron rude
Laiteron rude (Sonchus asper)
Helianthus sp.
Variété d’hélianthe (Helianthus sp.)
Sagittaire à larges feuilles
Sagittaire à larges feuilles (Sagittaria latifolia)
Renouée amphibie
Renouée amphibie (Persicaria amphibia)
Grand liseron
Grand liseron (Convolvulus sepium)
Chicorée sauvage
Chicorée sauvage (Cichorium intybus)
Verge d'or
Verge d’or (Solidago sp.)
Épervières orangées
Épervières orangées (Hieracium aurantiacum)
Pontédérie à feuilles en coeur
Pontédérie à feuilles en coeur #1 (Pontederia cordata)
Pontédérie à feuilles en coeur
Pontédérie à feuilles en coeur #2 (Pontederia cordata)
Kalmia à feuilles étroites
Kalmia à feuilles étroites (Kalmia angustifolia)
Gentiane à feuilles linéaires. (Gentiana linearis)
Gentiane à feuilles linéaires. (Gentiana linearis)
Asclépiade commune (Asclepias syriaca)
Asclépiade commune (Asclepias syriaca)
Chardon vulgaire (Cirsium vulgare)
Chardon vulgaire (Cirsium vulgare)
Potentille des marais (Potentilla lacustris)
Potentille des marais (Potentilla lacustris)
Trèfle hybride (Trifolium hybridum)
Trèfle hybride (Trifolium hybridum)
Lotier corniculé (Lotus corniculatus)
Lotier corniculé (Lotus corniculatus)
Hélénie automnale (Helenium autumnale)
Hélénie automnale (Helenium autumnale)
Campanula intercedens
Campanule qu’on appelait à feuille ronde. Elle est devenue campanule de Gieseck et son véritable nom serait désormais Campanula intercedens en attendant de lui en trouver un vrai. Chose certaine, c’est la jolie petite petite campanule qui peuple la rive et les rochers du Saint-Laurent dans sa partie estuaire.
Campanule fausse-raiponce (Campanula rapunculoides)
Campanule fausse-raiponce (Campanula rapunculoides)
Mauve musquée (Malva moschata)
Mauve musquée (Malva moschata)
Parnassie à feuilles glauques (Parnassia glauca)
Potentille ansérine (Potentilla anserina)
Dièreville chèvrefeuille (Diervilla lonicera)
Dièreville chèvrefeuille (Diervilla lonicera)
Silène enflée (Silene cucubalus)
Silène enflée (Silene cucubalus)
Dryade à feuilles entières (Dryas integrifolia)
Dryade à feuilles entières (Dryas integrifolia)
Vesce jargeau (Vicia cracca)
Vesce jargeau (Vicia cracca)
Petite bardane (Arctium minus)
Petite bardane (Arctium minus)
Iris versicolore (Iris versicolor)
Iris versicolore (Iris versicolor)
Butome à ombelles (Butomus umbellatus)
Butome à ombelles (Butomus umbellatus)
Morelle douce-amère (Solanum dulcamara)
Morelle douce-amère (Solanum dulcamara)
Apios d'Amérique (Apios americana)
Apios d’Amérique (Apios americana)
Gesse à feuilles larges (Lathyrus latifolius)
Gesse à feuilles larges (Lathyrus latifolius)
Eupatoire maculée (Eupatorium maculatum)
Eupatoire maculée (Eupatorium maculatum)
Impatiente du Cap (Impatiens capensis)
Impatiente du Cap (Impatiens capensis)
Grand nénuphar jaune (Nuphar variegatum)
Grand nénuphar jaune (Nuphar variegatum)
Lysimaque ciliée (Lysimachia ciliata)
Lysimaque ciliée (Lysimachia ciliata)
Bouton d'or (Ranunculus acris)
Bouton d’or (Ranunculus acris)

Pour être informés de la publication d’un nouvel article, je vous invite à vous abonner à Photo-Nature-Culture en remplissant le formulaire ci-dessous. C’est gratuit!
Si vous ne recevez pas un message de confirmation dans les minutes qui suivent, vérifiez votre boîte de courriels indésirables, si le message s’y trouve, ajouter l’expéditeur à vos courriels autorisés. Merci beaucoup et à bientôt.

Cet article a 8 commentaires

  1. Jeannine Fortin

    Superbes photos et l’identification grandement appréciée.

    1. Yves

      Merci beaucoup à vous Jeannine, votre commentaire est bien apprécié. Je vous souhaite un bel après-midi.

  2. Jeannine Fortin

    Superbes photos! L’’identification grandement appréciée.

    1. Yves

      Ça m’a demandé un peu de temps d’identifier correctement toutes ces espèces, ce n’est pas toujours évident à partir de photos. Désormais je vais faire les choses un peu plus à l’ancienne je crois, c’est-à-dire apporter un carnet de notes, une loupe et prendre le temps de noter les petits détails qui facilitent l’identification. Comme le faisait Marie-Victorin 😊 j’en suis à peu près certain. Il existe des applications sur les téléphones pour identifier les plantes mais j’ai pu constater qu’elles se trompent souvent. Encore une fois merci à vous et àa la prochaine.

  3. Marie-France

    Merci Yves pour ce texte. Tu as tellement raison. Merci de nous sortir de notre hébétude et de nous faire ouvrir les yeux pour regarder au bon endroit: la nature. Et que dire de ces magnifiques photos. Tellement merci frérot.

    1. Yves

      Merci à toi Marie-France pour ton commentaire, c’est toujours apprécié d’avoir des retours. Désolé du délai à te répondre, j’étais en Minganie la semaine dernière. À bientôt. 😘

  4. Catherine Forestier

    Bonjour Yves,
    Merci beaucoup pour ce superbe article sur les fleurs de chez nous et aussi pour les belles photos. Encore une fois j’ai appris beaucoup de chose.

    1. Yves

      Tout le plaisir est pour moi Catherine. Merci à toi pour la lecture et le commentaire, c’est toujours bien apprécié. À bientôt. 👋🏻

Laisser un commentaire

 

Fleurs d’été, fleurs négligées!

You are currently viewing Fleurs d’été, fleurs négligées!