Par un matin de septembre…
La biologie et la photographie, mes deux métiers mes deux passions, m’attirent, dès que je le peux, vers la nature que j’aime tant observer. Par un matin de septembre alors que je pagayais sur la rivière Beaurivage à Lévis, j’étais loin de me douter que la scène dont je serais témoin changerait à tout jamais la perception que j’avais d’un oiseau que j’ai souvent observé: le grand héron.

J’aperçu un beau spécimen de cette espèce qui se dressait bien immobile sur la pointe d’un banc de sable à l’affût d’une proie. Je sortis mon appareil photo du cockpit de mon kayak et commençai à m’approcher lentement. Mes précautions furent vaines car l’oiseau s’envola pour aller se poser sur l’autre rive, à une centaine de mètres en amont. Comme il s’était posé dans une zone d’ombre où la lumière convenait plus ou moins à de bonnes photos, je décidai de poursuivre ma route.

Une surprise de taille
En arrivant à sa hauteur, je m’aperçu toutefois qu’il venait de capturer ce que je croyais être un poisson de bonne taille qui se débattait énergiquement. Je changeai aussitôt de cap pour tenter de m’approcher à nouveau. Rendu assez près de lui, quelle surprise de constater que le poisson avait une longue queue, des pattes et de la fourrure… c’était un rat musqué! Avec une proie de cette taille, le héron se laisserait sûrement approcher davantage et j’aurais enfin les photos souhaitées. Je m’approchai donc.

Après m’avoir toléré le temps de quelques clichés il s’envola soudain, sa proie tenue fermement dans son bec, pour retourner se poser sur l’autre rive.

Je le suivis et arrivai juste à temps pour le photographier en train d’avaler sa proie comme il l’aurait fait pour un poisson, c’est-à-dire la tête vers l’avant.

Un prédateur efficace
L’image bucolique de ce grand oiseau calme, faisant souvent partie du paysage de nos rives, venait pour moi de basculer vers celle d’un efficace prédateur dont je n’aurais jamais soupçonné la puissance du bec. Je me suis renseigné par la suite et cet oiseau, considéré comme principalement piscivore, peut aussi se nourrir de reptiles, grenouilles, crustacés et de petits mammifères comme le mulot. Nulle part dans les ouvrages consultés il n’est fait mention de rats musqués. Comme quoi la nature ne finira jamais de nous étonner.

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