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Un théâtre

La plupart ne font qu’y passer. D’autres s’y attardent, le temps d’un chant, d’un repas, d’un repos ou d’un peu d’eau. Certains y viennent en prédateurs, ou en proies. Ils viennent s’y cacher ou parfois même y nicher. Mon jardin est comme un théâtre qui vit au rythme des oiseaux. À l’aube se lève le rideau qui ne tombera qu’à la brunante. Entre ces deux moments, c’est le spectacle. Pas de programme, le hasard est de mise, ici on improvise. Voici donc quelques anecdotes, observations, réflexions et performances dont les acteurs et actrices sont de plumes vêtus. Bon spectacle, bon safari dans mon jardin.

Un troglodyte

Par un matin ensoleillé de septembre, assis dans ma cour, je lisais. Abrité du vent par une haie de thuyas, je dévorais les mots et les pages. Un mouvement dans mon champ de vision attira soudain mon attention. Sur le terrain de mon voisin qui surplombe le mien, un des chats errants du voisinage se tenait à l’affût. En voyant qu’il s’apprêtait à bondir, je me levai pour voir sur quelle proie il allait fondre. Surpris, le chat hésita une fraction de seconde. Un minuscule oiseau s’envola vivement du sol, sauvé par la brève distraction du félin. La petite flèche brune frôla ma tête pour s’engouffrer dans les thuyas derrière moi. Avait-il été blessé? Était-il traumatisé? Toujours est-il qu’il demeura un bon moment dans la haie sans bouger. Après m’être assuré que le chat ne le suivait pas, j’eu le temps d’aller chercher mon matériel photo et de photographier et d’identifier l’oiseau. C’était un troglodyte des forêts (Troglodytes hiemalis), auparavant connu sous le nom de troglodyte mignon. Après avoir récupéré pendant quelques minutes, il s’est finalement envolé.

troglodytes des forêts, Troglodytes hiemalis
Ayant échappé de justesse aux griffes d’un chat, ce troglodyte s’est abrité dans la haie de thuyas. Il y est resté quelques minutes, probablement pour se remettre de ses émotions.

Le bruant chanteur

Nous avons la chance, depuis quelques années, d’accueillir le bruant chanteur (Melospiza melodia) dans notre cour. Il y a déjà niché au moins une fois, peut-être même davantage. À chaque printemps nous attendons son retour et c’est toujours un grand bonheur de le revoir. Son apparition nous assure de passer l’été à l’entendre chanter tout autour de la maison. À chaque année il choisit les mêmes perchoirs pour chanter: la corde-à-linge ou le sommet de son poteau, une branche spécifique d’un tilleul, la cime du bouleau pleureur et deux endroits précis dans la haie de thuyas. Il se déplace vivement d’un perchoir à l’autre en y poussant plusieurs fois son chant. Une particularité chez cette espèce c’est qu’il semble y avoir des «dialectes» spécifiques aux individus d’une même localité. Ainsi, selon Harris et Lemon, 19721, les chants des bruants de la région de Montréal se ressemblent mais sont différents de ceux du mont Saint-Hilaire. Peu importe la région toutefois, son chant est si joyeux qu’il me semble bien difficile d’y rester indifférent.

le bruant chanteur (Melospiza melodia)
Au sommet d’un thuya, un bruant chanteur en pleine action. Lorsqu’il chante ainsi, sa gorge vibre tellement qu’il faut utiliser une vitesse rapide pour le photographier sinon sa tête apparaît légèrement floue.

Le merle d’Amérique

Un autre oiseau qui me fait passer de beaux moments d’observation c’est le merle d’Amérique (Turdus migratorius). Cet oiseau, si vous le laissez s’approcher à son rythme, viendra parfois chercher des vers pratiquement à vos pieds. Je me rappelle un été ou j’avais décidé de fabriquer un patio avec de vieilles briques récupérées un peu partout. Je travaillais à genoux, et de chaque côté de moi, il y avait de petits tas de terres qui grossissaient à la vitesse des travaux. Un merle en quête de lombrics avait commencé à me tenir compagnie pendant de bons moments. Il s’approchait jusqu’à parfois moins d’un mètre. Je lui parlais et l’appelais mon contremaître. 

Le nid

L’été suivant, le patio était désormais meublé d’une table également fabriquée de bois récupéré et d’un ensemble de chaises mises aux rebuts par un voisin. Vous l’aurez peut-être remarqué, j’aime bien recycler. Au-dessus de notre coin patio, les branches de deux tilleuls s’entrecroisent et forment une voûte feuillue. C’est dans une de ces branches qu’un couple de merles décida d’établir son nid. Après environ une douzaine de jours de couvaison, un bon matin, trois petits becs pointés vers le haut apparurent dans le nid. Pendant plusieurs jours par la suite, les parents se relayèrent pour nourrir cet affamé trio. Même s’ils étaient un peu plus nerveux après la naissance de leurs oisillons, nous réussîmes à vivre en bon voisinage. Si nous étions attablés, ils passaient parfois près de notre tête en rentrant au nid mais jamais ils ne nous attaquèrent.

merle d'Amérique (Turdus migratorius) juvéniles au nid
Trois jeunes merles attentifs au retour des parents et du repas qui vient avec. Ces juvéniles ont quelques jours à peine. On remarque les plumes de leur queue encore très courte.

Premier vol

Un matin, dès notre arrivée dans la cour nous sentîmes que quelque chose n’était pas pareil. Les parents, au lieu de faire constamment le va-et-vient entre les parterres et le nid, étaient perchés dans un arbre voisin et ils criaient avec insistance. Du nid nous parvenait le cri stressé des trois jeunes merles. C’était le moment pour eux de tenter leur premier vol. Les deux premiers se suivirent à quelques minutes d’intervalle mais cela prit au moins deux heures avant que le troisième ose s’aventurer. C’est inimaginable la somme de travail et probablement de stress que devaient subir les deux parents. Les jeunes ne volant pas tous au même endroit, il fallait voir les adultes voler en tous sens pour les nourrir. Les parents s’éloignaient pour les attirer en vol, mais fonçaient souvent vers le sol pour en protéger un s’y étant posé. Ils n’arrêtèrent pas de la journée, ni les deux ou trois jours suivants d’ailleurs.

merle d'Amérique (Turdus migratorius) juvénile
Un juvénile posé au sol lors de son premier jour d’envol.

Un bain 

Les merles semblent beaucoup apprécier de prendre un bain. C’est amusant de les voir s’y éclabousser énergiquement. Nous avons pu assister à une scène très intéressante dans celui de notre jardin. C’était peu de temps après les premiers vols. Un adulte vint se poser sur le bord de la baignoire. Après s’être trempé et secoué ses plumes, il se mit à appeler avec insistance. Un juvénile, d’un vol encore plus ou moins assuré vint se poser près de lui. Le parent fit devant son rejeton une éclaboussante démonstration. Il sortit ensuite du bain et se percha au bord de celui-ci, laissant la place au petit. Celui-ci ne sentant pas l’appel de l’eau se fit plus qu’hésitant. Le parent retourna dans l’eau à quelques reprises tout en criant vers son petit à chaque fois qu’il en sortait. Finalement le jeune merle se décida à essayer, à sa grande joie de toute évidence, mais aussi à celle de son parent et à la nôtre. Ce manège s’est répété pour les deux autres oisillons. Quel privilège nous avons eu d’assister à ce beau moment d’enseignement, d’apprentissage, de patience et de tendresse.

merle d'Amérique (Turdus migratorius)se baignant
Un merle adulte qui commence son rituel de baignade.
merle d'Amérique (Turdus migratorius) au bain
On dirait presque qu’il s’élance pour faire la nage papillon…
merle d'Amérique (Turdus migratorius) bain
Ça y est c’est parti! Une définition visuelle du mot éclaboussure.

La tourterelle triste

Prévisible

Un autre oiseau qui fréquente beaucoup notre jardin, été comme hiver, c’est la tourterelle triste (Zenaida macroura). Si j’avais à décrire cet oiseau en un seul mot ce serait: prévisible. D’après mes observations, les tourterelles, une fois qu’elles ont établi une routine, en dérogent peu. Le matin, dès les premières lueurs de l’aube, trois ou quatre individus se pointent à la mangeoire. Tous les soirs, en hiver elles arrivent au même moment en bandes se chiffrant parfois à une cinquantaine d’individus, pour venir boire et manger. Par temps très froid elles se rassemblent pendant le jour sur mon bouleau pleureur, et y passent plusieurs heures le plumage gonflé à lutter contre le froid. 

Le nid en chantier

L’été dernier j’ai pu observer une autre routine intéressante. Un couple avait commencé à construire un nid dans un thuya chez un voisin. Les deux tourterelles venaient fouiller sur le parterre devant notre maison. Après moult coups de bec et bien du farfouillage, dès qu’elles avaient choisi la brindille adéquate, elles s’envolaient avec. Elles traversaient la rue, passaient tout droit devant le thuya et allaient se percher sur un panneau de signalisation au bord de la rue. Après avoir regardé plusieurs fois tant à gauche qu’à droite, elles décollaient à nouveau et entraient dans le thuya, tenant toujours la brindille, pour la placer sur le nid en chantier.

 tourterelle triste (Zenaida macroura)
Une tourterelle triste très concentrée sur le choix de la bonne brindille. Elle peut en saisir plusieurs, les soupeser, les tâter du bec et les remettre au sol avant d’en choisir une.
 tourterelle triste (Zenaida macroura)
Petit rituel qui sera répété à plusieurs reprises. La tourterelle, brindille au bec, se pose sur un panneau dans la rue et scrute partout autour d’elle.
 tourterelle triste (Zenaida macroura)
Le champ est libre, elle se dirige alors sans hésiter vers un thuya situé dans la cour d’un voisin.
 tourterelle triste (Zenaida macroura)
Elle entre dans l’arbre et y passe quelques instants à mettre en place la brindille sur le nid en construction.

Un geai bleu

Un matin de juillet, j’entendais un geai bleu (Cyanocitta cristata) crier avec insistance près de la maison. Je me rendis en direction des cris pour apercevoir un jeune geai qui sautillait maladroitement dans la rue. Il semblait incapable de voler. Je sortis dans la rue, le contournai et m’appliquai à le rabattre vers ma cour afin qu’il soit plus en sécurité. L’oisillon lançait régulièrement des cris de détresse auxquels répondait immédiatement un des parents. Je le découvris, perché dans un vinaigrier. Était-ce le mâle ou la femelle? Chez cette espèce le plumage des deux sexes est similaire, impossible de les identifier par ce critère. Je m’éloignai rapidement afin de laisser le parent s’occuper de son petit. Qu’advint-il de ce dernier? Probablement qu’il finit par réussir à s’envoler. Une recherche poussée des alentours ne me révéla aucun indice de prédation ou de décès.

geai bleu (Cyanocitta cristata)
Un beau geai bleu adulte surveille et appelle son petit qui a quitté le nid.
geai bleu (Cyanocitta cristata) juvénile
Premier vol mitigé ou chute en bas du nid? Le petit qui ne volait que sur un ou deux mètres a fini, je crois, par réussir son envol.

Un épervier

Un matin de décembre, pendant le congé de Noël, installé dans mon bureau devant mon ordinateur, je travaillais à classer des photos. Soudain j’entendis un étrange choc sur l’extérieur de la maison, près de la fenêtre. Je me levai, regardai par la fenêtre et aperçu un rapace posé au sol en plein milieu de la cour. Il semblait fouiller dans la neige. Vite, je saisis mon boitier, y fixai un téléobjectif et me précipitai dehors en pyjama, non sans avoir enfilé en triple vitesse un coupe-vent et des bottes. Ouf! Le rapace, un épervier de Cooper (Accipiter cooperii), était toujours là. Sous ses serres, dans la neige, un étourneau achevait d’agoniser. Je pris quelques photos en vitesse et retournai rapidement à l’intérieur pour me réchauffer et surtout pour ne pas le déranger davantage. Je l’observai ensuite par la fenêtre, qui terminait de plumer et dépecer sa proie.

épervier de Cooper (Accipiter cooperii) qui dévore un étourneau
Un épervier de Cooper et sa capture, un étourneau sansonnet. Un grand merci à M. Guy Lemelin, ornithologue, pour l’identification.
épervier de Cooper (Accipiter cooperii) qui dévore un étourneau
Il m’a aperçu, je m’éloigne aussitôt pour le laisser manger tranquille. La tranquillité de l’oiseau est pour moi plus importante que la photo.

Le faucon émerillon

Je travaillais dans mon parterre. Soudain la pagaille éclata tout près de moi. J’entendis le cri de détresse d’un merle d’Amérique, suivi de celui d’un faucon émerillon (Falco columbarius). J’aperçu ce dernier qui venait de se poser au sol chez mon voisin. Il dépeçait déjà la proie qu’il venait de capturer, c’est-à-dire le merle dont j’avais entendu le cri. Je réussi à photographier la scène tout en demeurant à une distance raisonnable du rapace pour éviter de le faire fuir. Les étés où le faucon émerillon niche dans le secteur, nous l’entendons régulièrement pousser son cri facilement reconnaissable. Il survole souvent l’espace aérien avoisinant, à toute vitesse et à des altitudes très variables. Les autres oiseaux semblent alors se mettre en pause, on entend littéralement le silence tant il est lourd et subit.

faucon émerillon (Falco columbarius) qui dévore un merle d'Amérique
Un faucon émerillon qui a capturé un merle adulte en plein vol et qui le dévore sur le stationnement de la cour d’un voisin.

Dimorphisme sexuel

Nous avons vu précédemment qu’on ne peut distinguer le sexe chez le geai bleu par la couleur de son plumage. Chez le colibri à gorge rubis (Archilochus colibris) c’est le contraire. Le mâle est orné d’un scintillant plastron de couleur rubis, dont il se sert d’ailleurs pour séduire la femelle lors de la parade nuptiale. La femelle ne possède pas ce plastron. Cette différence marquée, entre les deux sexes d’une même espèce, est ce qu’on appelle le dimorphisme sexuel. On peut observer ce phénomène chez plusieurs espèces familières, comme par exemple le cardinal rouge, le gros-bec errant, le carouge à épaulette, le moineau domestique, ou le chardonneret jaune.

colibri à gorge rubis (Archilochus colibris) femelle
Une femelle colibri perchée sur le bouleau pleureur prend une petite pause. À moins qu’elle attende qu’un mâle viennent la séduire. On remarque sa gorge pâle et terne.
colibri à gorge rubis (Archilochus colibris) mâle
Un colibri mâle facilement distinguable à sa gorge colorée d’un flamboyant rubis. Cette différence notable entre le mâle et la femelle se nomme dimorphisme sexuel.

Ceux qui ne font que passer

Lors de mes safaris au jardin, j’observe tous ces oiseaux sur une base assez régulière. Mais il y a les autres aussi, ceux qui ne font que passer. Comme je ne m’attends pas à les voir, c’est une belle surprise à chaque fois. Il se posent le temps d’une pause, mais rarement se déposent, toujours attirés par autre chose. Laissez-moi vous en présenter quelques uns en images et en paroles.

gros bec errant (Coccothraustes vespertinus)
Les gros becs errants (Coccothraustes vespertinus), comme leur nom le suggère, ne sont pas des sédentaires. Il arrivent par petites bandes et peuvent parfois rester une journée, rarement plus de deux, à se gaver aux mangeoires. Soudain, ils repartent comme ils sont venus.
pic mineur (Picoides pubescens)
Le pic mineur (Picoides pubescens), un visiteur assez régulier en hiver. Je l’observe moins souvent depuis quelques hivers toutefois.
grand pic (Dryocopus pileatus)
Ce grand pic (Dryocopus pileatus) semble particulièrement affectionner les poteaux d’Hydro-Québec dans la rue.
mésange à tête noire (Poecile atricapillus)
Que dire de mon étonnement le jour où une mésange à tête noire (Poecile atricapillus) vint manger devant moi des framboises. J’avais injustement accusé étourneaux et quiscales bronzés.
paruline flamboyante (Setophaga ruticilla)
Moment magique quand une paruline flamboyante (Setophaga ruticilla), un mâle, vint boire tout près de moi un soir, c’était la première fois que j’en voyais une chez moi.
grive solitaire (Catharus guttatus)
Un jour d’automne, une grive solitaire (Catharus guttatus) se posa près de moi. Pendant un court instant nous n’étions plus seuls.
corneille d'Amérique (Corvus brachyrhynchos)
Quelle surprise de voir un jour une corneille d’Amérique (Corvus brachyrhynchos) posée sur la mangeoire. Cette dernière semblait soudain toute petite.
étourneaux sansonnets (Sturnus vulgaris
C’est toujours un spectacle de voir les étourneaux sansonnets (Sturnus vulgaris) se chamailler en hiver autour d’un bloc de suif.

Il n’y a pas que les feuilles qui changent de couleur

Quand on parle de l’automne, on pense immédiatement aux arbres et au festival des couleurs. Il n’y a pas que les feuilles qui changent de couleur en cette saison. Certains oiseaux, comme le chardonneret jaune (Carduelis tristis), en changent tout aussi radicalement. Le mâle perd son jaune vif, la femelle son vert jaunâtre, voilà envolées les couleurs de l’été, c’est la mue d’automne. Le mâle et la femelle, si différents en été, deviennent à peu près semblables, d’un gris vert plus terne qui leur permet de mieux se camoufler en hiver.

chardonneret jaune (Carduelis tristis) mâle
Un chardonneret mâle en été
chardonneret jaune (Carduelis tristis) mâle automne
Début novembre, les couleurs vives de l’été s’en sont allées. Il ne reste que quelques petites plaques jaunes, vestiges de l’été.
chardonneret jaune (Carduelis tristis)
Plus tard en novembre les couleurs continuent de s’estomper. L’oiseau passe de plus en plus inaperçu.
chardonneret jaune (Carduelis tristis)
En février la plupart des chardonnerets ressemblent à celui-ci. On peine à distinguer les mâles des femelles.

Les contacts indirects

Le safari dans ma cour serait incomplet si nous ne tenions pas compte des contacts indirects. Un contact indirect c’est l’indice de la présence antérieure d’un animal ou même parfois d’un événement sans l’avoir vu ou entendu. Il en a déjà été question plus en détails dans un précédent article de ce blogue, intitulé Empreintes, pistes et traces. J’aime beaucoup observer ces indices et projeter dans ma tête le film possible de ce qui s’est peut-être passé. Voici donc quelques exemples de présence d’oiseaux.

Traces d'ailes sur pare-brise enneigé
Avoir vu seulement ces traces, j’aurais pu penser qu’un oiseau s’était cogné dans mon pare-brise. J’avais toutefois aperçu, quelques minutes avant, une mésange ayant échappé une graine de tournesol et revenue la chercher.
traces junco dans la neige
Dans la neige fraîche, on peut voir à gauche le trou d’impact d’un petit oiseau se posant dans la neige. Il a ensuite sautillé vers une plante émergeant de la neige. Il y a picoré quelques graines puisqu’on peut en voir les résidus au sol sous la plante. L’oiseau s’est éloigné et s’est envolé, laissant l’empreinte de ses plumes.
graines de chardon encore sur le plan
Une fleur séchée de chardon. Les chardonnerets et les juncos sont venus plusieurs fois s’y percher pour en extirper une à une les graines. Ces plantes diverses, il est important de les laisser en place dans notre parterre. Elles sont des garde-mangers. Tant que la neige ne les aura pas recouvertes, toutes ces graines demeureront disponibles pour les oiseaux.
graines de tournesol au sol
Voici un indice qui nous suppose au moins deux niveaux d’interprétation. La présence animale des oiseaux, ayant mangé et fait tomber des graines tout au long de l’hiver. Nous pouvons aussi imaginer sur cette photo le passage des saisons. Après chaque couche de neige, les graines s’y accumulent. Au printemps, la fonte fait se rejoindre toutes ces graines qui forment un épais tapis au sol. Malgré le fait que je les ramasse, quelques oubliées germeront et j’aurai des tournesols à l’été.

Tant à dire

Tout cela se passe sur un minuscule terrain, en milieu urbain. Il y en aurait encore tant à dire. Comme cet exercice se veut l’écriture d’un article et non celui d’un livre, nous allons terminer en beauté sur ces mots de Jennifer Ackerman2 « Il n’y a clairement pas de façon unique d’être un oiseau, mais plutôt un éventail stupéfiant d’espèces avec des apparences et des modes de vie différents. À tous égards, en termes de plumage, de forme, de chant, de vol, de niche écologique et de comportement, les oiseaux varient. C’est ce que nous aimons chez-eux. »

  1. Harris, M.A., and R.E. Lemon. 1972. Songs of Song sparrows (Melospiza melodia): Individual variation and dialects. Can. J. Zool. 50: 301-309. ↩︎
  2. Ackerman, J. (2020). La voie des oiseaux : Un nouveau regard sur la façon dont les oiseaux communiquent, travaillent, jouent, élèvent leurs petits et pensent.(Salsa P., Trad., 1ère éd.) Marabout Sciences et nature. ↩︎

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Cet article a 4 commentaires

  1. Marie-France

    Quel plaisir de te lire Yves et de regarder les photos à l’appui de ce que tu racontes…tu nous sors tellement du quotidien et de la routine….est-ce que les billets sont tous vendus pour ton prochain Safari, si non j’en réserve un. Merci de nous faire aimer autant les oiseaux. xxx

    1. Yves

      Merci beaucoup Marie-France de ce gentil commentaire, je te réserve des billets… 😉 Bonne soirée 😘

  2. Eli Toussaint

    Quel texte et photos magnifiques, encore une fois ! Merci !! ❤️

    1. Yves

      Merci beaucoup Elisabeth, c’est très apprécié. Je prépare déjà le prochain… Bonne soirée 😘

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Safari dans mon jardin: les oiseaux

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